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Courrier à des parlementaires relatif à la retraite des chercheurs (4 juin 2003)


Monsieur le Député,

Le ministre des affaires sociales, du travail et de la solidarité, sous l'impulsion de Monsieur le Premier Ministre J.-P. Raffarin, a lancé une vaste refonte du système des retraites de notre pays. Au-delà des argumentaires développés par les partisans ou opposants à ces réformes, la CEC, fédération nationale de 33 associations de jeunes chercheurs, tient à attirer votre attention sur le cas concret des métiers de la recherche, qu'ils soient du secteur public ou privé, et sur nos craintes à ce sujet.

Un docteur soutient, en moyenne, sa thèse entre 29 et 30 ans après 4 années d'activité professionnelle au sein d'un laboratoire. Bien souvent, cette activité n'a pas donné lieu à rétribution du travail effectué ; parfois le doctorant a reçu une libéralité sans cotisations sociales. Cette utilisation de « travail bénévole », voire « au noir », est hélas une pratique majoritairement répandue dans le monde de la recherche publique, les bénéficiaires d'un contrat en bonne et due forme étant minoritaires(*). Le « débat » actuel sur la durée du temps de travail ne fait que mettre un peu plus l'éclairage sur le peu de cas que notre pays fait de son élite scientifique, même si nous prenons acte de la volonté affichée du Ministère délégué à la Recherche de vouloir assainir cette situation.

Alors qu'elles souffrent déjà d'un déficit patent de vocations, les carrières scientifiques risquent de perdre encore un peu de leur attractivité. Dans les conditions actuelles, et si aucun mécanisme compensateur n'était mis en place, devoir cotiser 42 ans pour bénéficier d'une retraite à taux plein imposerait à un docteur de travailler en moyenne jusqu'à 72 ans, ce qui est bien au-delà de la limite des 65 ans en vigueur dans la profession.

De plus, une telle estimation ne tient pas compte des nombreux jeunes docteurs contractuels (dits « post-doctorants ») dont beaucoup sont également rémunérés sous forme de libéralités. Autrement dit, en l'état actuel, la proposition de modification du régime des retraites condamnerait automatiquement les chercheurs à des pensions très amputées, quand bien même ils rachèteraient des annuités manquantes.

Ce problème concerne les milliers de jeunes chercheurs qui n'ont pu bénéficier de véritables contrats de travail, quel que soit leur secteur d'activité ultérieur, au sein du secteur public comme au sein d'entreprises privées.

La recherche française traverse déjà une période de trouble grave qui ne joue pas favorablement sur l'engagement de nouveaux diplômés vers les métiers de la recherche : réductions de budget qui mettent durablement en péril l'activité des laboratoires, absence de perspectives sur l'emploi scientifique, conditions économiques moroses ne favorisant pas l'insertion des docteurs dans le secteur privé. La perspective d'une retraite plus que lointaine et potentiellement misérable, du fait du système de décote, ne peut être qu'un élément supplémentaire pour détruire l'attractivité des carrières scientifiques en France.

C'est pourquoi la CEC demande que soient examinées des dispositions permettant aux docteurs, ou tout autre haut diplômé de l'enseignement supérieur, de ne pas être sévèrement pénalisés par une réforme du régime des retraites. La prise en compte des années de doctorat et de post-doctorat dans le calcul des annuités, s'ajoutant au rachat des douze trimestres d'études déjà prévu par le projet pourrait être un élément de réponse à cette situation, au moins de façon transitoire, pour les jeunes chercheurs qui n'auront pas bénéficié ou qui ne bénéficieront pas d'une couverture sociale minimale.

La CEC reste bien sûr ouverte à toute discussion sur cette question, et me charge, Monsieur le Député, de vous adresser l'expression de nos salutations distinguées.

Pour la CEC,
Le président, Alban Cornillet

En références :
(*) cf. Enquête ministérielle : http://dr.education.fr/SIREDO/stats_enquete_2001.pdf

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Ce document (/positions/2003-courrier-retraites.html) a été mis à jour le 19 février 2004

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