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Eurodoc 2003, Compte-rendu


Lire aussi le document soumis par la CEC avant le colloque et présentant la siyuation actuelle en France : HTML, Word

Pays représentés:
Albanie (-) ; Allemagne (Thesis) ; Belgique (Focus Research) ; Espagne (Precarios-FJI) ; Estonie (-) ; France (CEC) ; Grèce (en cours de création) ; Hongrie (DOSZ) ; Irlande (USI) ; Italie (ADI) ; Norvège (SiN) ; Pays-Bas (LAIOO) ; Portugal (ABIC) ; Royaume-Uni (NPC-UK) ; Slovaquie (SPSA) ; Slovénie (-) ; Suède (SDok)

Organisations représentées:
Association Bernard Gregory (www.abg.asso.fr); Marie Curie Fellowship Association (www.mariecurie.org); PI-Net (Postgraduates International-Network - www.postgrad.org)

Bureau sortant d'EuroDoc:
Alex Lewis (Présidente - UK), Toni Gabaldon (Vice-président - ESP), Susannah Scott (Secrétaire - IRL), Maria Villaroya (Trésorière - ESP), Alexandre Urani (FRA), Annemarie Kerkhoff (NL), Juergen Schoepke (GER).

Délégués pour la CEC :
Anne-Laure Prunier (APIDoC) anne-laure.prunier@club-internet.fr
Nicolas Legrand (Vice-prés. CEC, BioDocs) n.legrand@amc.uva.nl
Vincent Perlerin (observateur - APIDoC) vincent.perlerin@info.unicaen.fr

Introduction

Du 20 au 23 février 2003, s'est déroulé à Utrecht (NL), le troisième colloque annuel de l'association EuroDoc (The council for postgraduate students and junior researchers in Europe - www.eurodoc.net). Ce colloque réunit des représentants des doctorants ou post-doctorants de pays européens dans le but de partager les expériences, comparer la situation des apprentis-chercheurs et réfléchir ensemble aux actions à mener pour améliorer les conditions de la recherche en Europe.

EuroDoc est une fédération d'associations nationales européennes de doctorants et post-doctorants regroupant actuellement 13 nations : l'Espagne, le Royaume-Uni, l'Italie, la Hongrie, la France, l'Allemagne, l'Irlande, la Suède, les Pays-Bas, la Norvège, le Portugal, la Slovaquie et la Belgique (les 4 derniers pays ayant rejoins l'organisation lors du colloque de cette année).

Les thèmes principaux abordés au cours du colloque (sous forme de conférences en session plénières ou lors d'ateliers) de cette année étaient :

  • la situation des doctorants et post-doctorants dans les pays représentés
  • les femmes et la science
  • la mobilité internationale
  • l'encadrement du doctorat
  • les carrières de la recherche
  • le système Ba/Ma (Bachelor/Master) (1)

Par soucis de clarté, ce compte rendu débutera par les conclusions de l'assemblée générale. Seront ensuite proposés des commentaires sur les sujets d'intérêt principaux abordés au cours des 3 jours de conférence.

I - Assemblée générale d'EuroDoc

1. Bilan moral

En 2002, l'activité générale d'EuroDoc a été appréciable, entre les deux rencontres de l'assemblée générale (Espagne en 2002, Pays-Bas en 2003). EuroDoc a maintenant établi des relations stables avec un certain nombre d'organisations "amies" comme Euroscience, EMBO (European Molecular Biology Organisation), ESF (European Science Fondation), MCFA (Marie Curie Fellowship Association), etc. Tout au long de l'année, EuroDoc a été appelé à participer à un certain nombre de rencontres internationales, au rythme moyen d'une par mois. On peut citer la participation d'EuroDoc à un groupe de travail portant sur la mobilité au niveau de la Commission Européenne. Sur tout ce qui concerne les jeunes chercheurs, EuroDoc est particulièrement consulté au niveau de la commission, comme le montrera d'ailleurs une intervention en session plénière par un responsable européen. De nouveaux pays adhérents ont fait leur entrée: Norvège, Portugal, Slovaquie et Belgique. La Grèce devrait également rejoindre EuroDoc après création formelle de l'association nationale.

Globalement, le mode de fonctionnement d'EuroDoc est similaire à celui de la CEC : les groupes de travail fonctionnent essentiellement par courrier électronique. Seule ombre au tableau : on note un défaut de communication des associations adhérentes vers EuroDoc, et vice-versa. Cela est nécessaire pour impliquer un peu plus les délégués, mais également les adhérents des associations nationales dans leur ensemble.

2. Bilan financier

Les organisations en contact avec EuroDoc sont les "sponsors" exclusifs de l'association. Le programme européen SOCRATES (2) a été en 2002 le financeur principal (22.000 euros) et a permis de financer les rencontres et les déplacements. Un rapport détaillé sera envoyé aux délégués sous peu.

3. Dépôt des statuts

EuroDoc a été officiellement créé en Espagne, mais un certain nombre de contraintes administratives locales exaspèrent largement le bureau. Afin de pleinement devenir une association européenne, les statuts doivent être redéposés, à Bruxelles cette fois. Cela devrait être fait dans les mois à venir, avec l'aide de l'association belge Focus Research.

4. Changement des statuts

EuroDoc demande à chaque pays de s'organiser au maximum pour coopérer en interne au cas où plusieurs associations représentent les jeunes chercheurs. En effet, les statuts prévoient une association membre par pays. Il a été proposé de changer cela, afin de permettre plus de souplesse, même si le côté «fédérateur» serait alors amoindri.

Exemple: on trouve dans certains pays une association pour les doctorants, une pour les post-doctorants; ou bien 2 association établies chacune dans une communauté précise (flamands et wallons).

Les changements suivants ont donc été effectués:

  • le nombre de délégués par pays est toujours fixé à 2 par pays.
  • le nombre maximum d'organisations par pays passe de 1 à 2 (voire plus en cas d'exception insoluble). Ces organisations forment une "équipe de membres" d'EuroDoc, qui doivent s'entendre pour envoyer 2 délégués au total (typiquement un délégué par association si elles sont deux).
  • On rappelle que les membres peuvent envoyer en surplus des "observateurs" (pas de vote, déplacements pas pris en charge).

5. Election du nouveau bureau

Les nouveaux membres sont présentés en gras dans la liste suivante :
  • Président: Christian Siegler (ESP) avec 17 voix / Renzo Rubele (ITA) 5 voix / 2 abstentions
  • Vice-président: Renzo Rubele (ITA) avec 13 voix / Daniel Mietchen (GER) 9 voix / 2 abstentions
  • Trésorier: Shuo-Wang Qiao (NOR) avec 22 voix
  • Secrétaire: Johann Kummenje (SWE) avec 11 voix / Daniel Mietchen (GER) 8 voix / 3 abstentions
  • Membres généraux: Denise Haseleers (NL) avec 16 voix / Alexandre Urani (FRA) avec 13 voix / Hajnalka Szamos (HUN) avec 12 voix + 10 voix (2d tour) / Daniel Mietchen (GER) 12 voix + 8 voix (2d tour) / Marylin Shanks (UK) 9 voix + 3 voix (2d tour) / 1 abstention

II - Situation des jeunes chercheurs dans les pays représentés

Comme à l'accoutumée pour les réunions annuelles d'EuroDoc, une partie du colloque a été consacrée à la présentation des conditions des doctorants et post-doctorants au sein de chaque pays représenté. Ces présentations ont été l'occasion de mesurer les disparités flagrantes de considérations et de traitements. Un compte-rendu détaillé sera disponible sur le site d'EuroDoc (www.eurodoc.net). Les situations de chaque pays n'ayant pas profondément changé depuis l'année dernière, le lecteur intéressé pourra également se reporter au compte-rendu d'EuroDoc 2002 de la CEC

Quelques informations spécialement marquantes ont cependant retenu l'attention des délégués et observateurs français. En particulier, le cas de l'Albanie où l'Université dans son ensemble souffre de nombreux manques tant en personnel qualifié (de toutes façons sous- payés), qu'en matériel et où la « fuite des cerveaux » est une véritable catastrophe pour le pays. En Norvège, la situation semble plus propice à l'épanouissement dans la recherche : les doctorants ne sont plus considérés depuis 2001 comme des étudiants (PhD students) mais comme des « candidats » à la thèse (PhD candidates), bénéficiant du même statut et des mêmes droits que les employés (qu'ils soient reliés à l'Université ou à des entreprises privées). Les rémunérations nettes y oscillent entre 1800 et 2000?. On peut noter également que l'internationalisation se concrétise : 85% des thèses du pays sont écrites en anglais.

III - Femmes et sciences

Le thème de l'égalité des sexes (Gender equality) dans les carrières scientifiques, déjà abordé lors des précédentes réunions, est le sujet principal d'un des 8 groupes de travails spécifiques d'EuroDoc sous la responsabilité de Marta Rivera (mrivera@eez.csic.es - www.eurodoc.net/workgroups/gender/gender.html - gender@eurodoc.net)

Cette année, le sujet a été abordé dans :

  • le séminaire de madame Rosi Braidotti, professeur à la Arts Faculty d'Utrecht (le 21/01)
  • la réunion publique du groupe de travail d'EuroDoc avec intervention de madame Sybille Krummacher du Centre de Recherche de Juelich (Allemagne) (le 22/02)
  • le poster élaboré par le groupe de travail d'EuroDoc.

1. Le constat

Les interventions de mesdames Braidotti et Krummacher ont permis d'éclairer l'auditoire sur le problème de la représentativité des femmes au sein de la recherche et des postes clefs de nos sociétés en général. Dans le milieu universitaire, le constat est accablant pour la totalité des pays représentés. Si pour les étudiants frais émoulus du baccalauréat (ou équivalent) le rapport femme/homme est quasi-équivalente, plus on avance dans la hiérarchie universitaire est plus la disproportion de représentativité est grande. Seule la Finlande présente une égalité relative dans les carrières universitaires, le niveau « professeur » souffrant cependant du même maux que les autres pays.

L'inégalité de traitement et de représentation entre les hommes et les femmes dépasse bien sûr le cadre de l'université : les deux tiers de la population analphabète du monde sont constitués de femmes. Cette discrimination constitue à la fois une violation des droits de l'Homme (égalité, accès à l'éducation?) et une perte intellectuelle considérable pour nos sociétés. La science se prive en particulier d'une vision singulière (ou au moins différente de celle des hommes) des problèmes abordés tout en proposant des solutions censées avoir des répercutions sur la population dans son ensemble. D'un point de vue pragmatique, on peut également dresser le constat suivant : l'éducation des filles coûte aussi cher à la société que celle des garçons. C'est une mauvaise gestion des investissements et du potentiel humain de nos sociétés que de ne pas permettrent l'accès aux femmes à toutes les postes responsabilités.

2. Les causes

Le constat est sans ambiguïté : l'Université est un milieu majoritairement masculin, un système quasi-patriarcal où les pairs jugent leurs pairs et où, donc, des hommes jugent les candidats à des postes de leur rang. Cela influe non seulement sur le recrutement mais aussi sur les jugements scientifiques. Une étude menée en Suède montre en particulier que les articles scientifiques proposés par des femmes sont majoritairement moins bien considérés par les instances que ceux proposés par des hommes.

Parmi les causes les plus flagrantes, on trouve bien sûr le poids des traditions sexistes de nos sociétés : des jouets offerts aux toutes jeunes filles à la place qui leur est donnée dans les activités scientifiques dans leur cursus scolaire. La maternité, bien qu'objet de toutes les attentions de la part de nos dirigeants politiques au vu du déficit démographique grandissant, apparaît encore et toujours comme un frein à l'embauche des femmes.

Un point important : toutes les études menées en ce sens montrent que les femmes n'ont majoritairement pas conscience de l'influence de leur sexe sur leur carrière scientifique. Les faits montrent tragiquement le contraire.

3. Les solutions

Les hommes et les femmes sont différents. Au-delà de cette lapalissade, se cache un constat dont il faut tenir compte pour les solutions à envisager à ce problème. Il ne s'agit pas d'intégrer plus de femmes dans le système construit par les hommes mais bien de modifier en profondeur ce système (et les comportements, les a priori, qui en découlent) pour le rendre égalitaire.

Parmi les actions concrètes abordées lors des réunions, madame Sybille Krummacher a présenté l'action qu'elle a menée en Allemagne. Dès la maternelle, les activités scientifiques sont proposées sans a priori sexistes. Par la suite, des aménagements spéciaux permettent la sensibilisation des jeunes filles aux pratiques scientifiques. Pour la maternité, des congés équivalents sont accordés aussi bien aux mères qu'aux pères. De plus, des dispositions sont prises pour permettre un retour à la vie active pour les femmes scientifiques ayant arrêté de travailler pour élever leurs enfants. (Pour plus de détails : http://www.fz-juelich.de/gp/nw/tenure_en.htm).

Il appartient à notre génération de profiter des améliorations constatées dans ce domaine depuis une cinquantaine d'années dans nos sociétés. Les chiffres restent accablants et ne sauraient significativement changer sans une remise en question profonde des acteurs du système : nous. Cependant, la tâche paraît d'autant plus difficile, que ces inégalités ne sont pas forcément connues ou acceptées par les intéressées elles-mêmes.

IV - La mobilité internationale

Le thème de la mobilité internationale (Mobility) est le sujet d'un groupe de travail d'EuroDoc sous la responsabilité de Toni Gabaldón (jagabald@uv.es ou bien s'informer auprès de info@eurodoc.net).

Le sujet a été abordé dans :

  • le séminaire de monsieur Raffaele Liberali directeur du « human factor, mobility and Marie Curie Activites » au sein de la commission européenne. (le 21/02)
  • l'atelier public du 22/02

Au cours de ces séances, il a été évoqué un certain nombre de structures existantes pouvant aider les jeunes chercheurs à se former à l'étranger au cours ou après la thèse. Ont été évoqués entre autre : l'association Bernard Gregory (www.abg.asso.fr), la Marie Curie Fellowship Association (www.mariecurie.org) et Science Next Wave (nextwave.sciencemag.org), qui représentent pour les doctorants autant de sites d'information leur permettant de trouver des lieux d'accueils pour un post-doctorat ou un échange ponctuel au cours de la thèse. Ces sites proposent parfois des aides pour les démarches administratives. Il apparaît en effet que le manque d'informations claires et d'aide de la part des administrations nationales soient des freins déterminants à l'augmentation des échanges scientifiques internationaux.

Monsieur Raffaele Liberali a entre autres annoncé deux réformes européennes dans le cadre du projet SOCRATES (et ERASMUS) qui devraient prendre effet en octobre 2003 : la suppression des visas pour les chercheurs et un système de sécurité sociale amélioré. La première réforme tendrait à supprimer les demandes obligatoires de visa pour les longs séjours dans un pays de la Communauté Européenne pour tous les chercheurs (y compris les doctorants qui se voient au passage considérés comme chercheurs en formation ou training researchers et non plus comme simples étudiants). La seconde réforme, dont l'application effective semble plus hypothétique, tendrait à réformer le régime de sécurité sociale des chercheurs européens : les cotisations se feraient toujours dans le pays d'origine et seraient prises en compte dans le pays d'accueil.

Le tout nouveau groupe de travail d'EuroDoc sur la mobilité cherche en premier lieu à identifier les bonnes pratiques qui devraient, idéalement, être mises en pratiques dans les institutions recevant de jeunes chercheurs. Il s'agit de rassembler des informations concernant chacun des pays européens via les associations membres, et de coordonner à l'échelle européenne des actions au niveau national. Il est évident que les travaux doivent différencier une mobilité à court terme (stage en court de thèse) de celle à long terme (ensemble de la thèse à l'étranger, expérience post-doctorale).

La réforme Ba/Ma (voir partie VII) devrait, en facilitant les équivalences entre diplômes européens, faciliter les échanges humains scientifique au sein de l'union européenne. Il est demandé aux associations membres d'EuroDoc de clairement identifier des institutions mettant en oeuvre de bonnes pratiques pour favoriser et accompagner la mobilité des jeunes chercheurs.

V - L'encadrement du doctorat

L'encadrement du doctorat (PhD supervision) est le sujet d'un groupe de travail d'EuroDoc sous la responsabilité de Maria Jose Gomez (gomezmj@posta.unizar.es - http://www.eurodoc.net/workgroups/supervision/).

Le sujet a été abordé au cours :

  • du séminaire monsieur L.D. Noordman directeur du AMOLF, laboratoire de physique atomique et moléculaire d'Amsterdam, (22/02)
  • de l'atelier public du 22/02 avec l'intervention de mademoiselle M.M. Meijer, auteur d'un rapport sur l'encadrement doctoral aux Pays-Bas en 2001.

Lors du séminaire, nous avons pu prendre connaissance d'un certain nombre de dispositions prises par monsieur L.D. Noordman au sein de son laboratoire afin d'y améliorer l'encadrement des doctorants  (rencontres mensuelles obligatoires avec le directeur de thèse, planification des objectifs à court et long terme, obligation de débouchés professionnels avant la soutenance.).

Lors de l'atelier animé par mademoiselle M.M. Meijer, celle-ci nous a présenté les résultats de l'étude qu'elle a mené avec le LAIOO (association des jeunes chercheurs néerlandais) sur l'encadrement des doctorants aux Pays-bas. Un encadrement défectueux est dans la majorité des cas la cause de l'abandon de la thèse avant soutenance (fait qui prend parfois des proportions très importantes : seulement 7% des doctorants hollandais parviennent à soutenir dans les temps impartis, moins de 50% des thèses entamées sont soutenues en Allemagne). Trois principaux problèmes apparaissent :

  • la structure organisationnelle de l'Université :
    • toute-puissance des professeurs et absence d'évaluation de la qualité de leur encadrement
    • totale dépendance de l'étudiant vis-à-vis de son directeur de thèse
  • la culture organisationnelle de l'Université :
    • le directeur seul décide si l'étudiant peut soutenir ou non
    • intervention de tiers (membres des écoles doctorales, autres professeurs) souvent vue par les professeurs comme une intolérable intervention dans leur sphère de pouvoir
    • les directeurs de thèse ne discutent pas entre eux des modalités de l'encadrement
  • les influences sur l'encadrement :
    • les directeurs ne sont majoritairement pas intéressés par le problème
    • les retombées négatives d'un abandon de thèse sont minimes pour les directeurs (et quasi-exclusivement concentrées sur le jeune chercheur)

Parmi les solutions proposées, M.M. Meijer a exhorté les pays présents à mener des études comparables et à les soumettre aux instances gouvernementales pour les interpeller sur le problème. Nous avons été particulièrement sensibles à cette idée, étant donné les avantages financiers qu'un encadrement de thèse confère à certains encadrants français (PEDR, prime d'encadrement doctoral et de recherche).

Cet atelier a enfin été l'occasion d'apprécier les différentes appellations du directeur de thèse dans les pays européens. Par exemple, si les anglo-saxons s'accordent sur le terme supervisor de nombreux pays de l'Est et du Nord de l'Europe parlent plutôt de « conseiller » (advisor) « guides » ou de « celui qui montre le chemin ». Dans les faits, cette distinction tend à amenuiser le poids hiérarchique entre les deux interlocuteurs.

VI - Les carrières de la recherche

La question des carrières de la recherche (Professional future of doctors) est le sujet d'un groupe de travail d'EuroDoc sous la responsabilité de Yolanda Calle (yolanda.calle@kcl.ac.uk - http://www.eurodoc.net/workgroups/future/).

Le sujet a été abordé lors de l'atelier public du 22/02 avec l'intervention de monsieur Robert Metzke, éditeur du site Science Next Wave pour les pages néerlandaises. Ce site, publié par le magazine Science, conciste à fournir aux jeunes chercheurs une somme d'information (opportunités de carrière, réseau des post-doctorants, informations spécifiques pour certains pays - la France est prévue sous peu -, etc.). (http://www.nextwave.org/europe/)

Initialement, le groupe de travail est plutôt concentré sur les aspects d'expérience post-doctorale dans la sphère académique, mais cet atelier a cherché à étendre son intérêt à l'ensemble des débouchés après la thèse (Career paths). Il s'agit de mieux comprendre pourquoi il existe une telle dichotomie entre le monde académique et le secteur privé, même si ce dernier contient un spectre extrêmement large de situations (industrie, petites entreprises, organisations gouvernementales ou non gouvernementales, création d'entreprise par le chercheur lui-même ; certaines entreprises font de la recherche fondamentale, d'autres non). Il a été convenu d'abolir le terme de « carrières alternatives », qui ne fait que créer de fait un fossé encore plus grand avec le secteur académique.

Au contraire, des passerelles supplémentaires sont nécessaires pour passer d'un secteur à l'autre. Or, le secteur académique n'évalue les gens qu'au travers de diplômes et de titres, qui sont mal compris dans le secteur privé : il existe un problème majeur de différence de philosophie entre les deux mondes. De même, on note que la recherche privée est en général mal considérée par le secteur académique (surtout dans l'Europe « latine »), ce qui rend encore plus rare le retour des cerveaux (brain back) vers les universités.

Concrètement, le groupe de travail doit lister les bonnes pratiques permettant un passage facilité d'un secteur à l'autre. Ainsi, il faut chercher à améliorer l'information sur la nature et le fonctionnement du secteur privé, dans sa pluralité, par exemple en se concentrant sur le transfert de compétence. De plus, l'expérience des co-financements pour jeunes chercheurs, associant par exemple une entreprise à une université, est positive (pays nordiques, Angleterre, CIFRE en France). Le groupe souhaite également travailler sur une enquête ciblant les institutions académiques et portant sur les bonnes pratiques permettant l'établissement de passerelles efficaces.

VII - Le système Ba/Ma

Le sujet a été abordé le 22/02 au cours du séminaire de monsieur J.A. Bartelse directeur du Departement of Policy, and Deputy Director de l'association des Université néerlandaises.

La déclaration de Bologne en 1999 (et ses avatars) a été l'occasion pour l'Europe d'affirmer sa volonté de créer au sein de la communauté un espace de l'enseignement supérieur, l'EHEA (European Higher Education Area), en travaillant de plus en plus sur les instruments du processus de convergence (bien que les mots ne soient pas employés, il s'agit bien d'une harmonisation ou d'une standardisation des systèmes) :

  • des diplômes lisibles et comparables 
  • une organisation essentiellement fondée sur deux phases : undergraduate et postgraduate
  • un système d'accumulation et de transfert de crédits (ETCS ? European Transfert Credit System)
  • la promotion de la mobilité (SOCRATES, ERASMUS ?)
  • le développement de la dimension européenne dans les programmes et dans les relations entre universités
  • l'accroissement de la formation continue tout au long de la vie

Entrant progressivement dans les faits, ses transformations profondes de l'enseignement supérieur européen présentent un certains nombres d'atouts pour les doctorants en particulier au niveau de leur mobilité au sein de l'espace européen et au-delà, et au niveau de la qualité de leur formation au cours de la thèse. Cependant, il semble que la tendance soit de continuer de considérer encore et toujours le doctorant ou le post-doctorant comme simple étudiant ce qui affaiblit la reconnaissance des travaux effectués et du statut même du jeune chercheur. Un certains nombres de problèmes apparaissent également au niveau de la mise en place du nouveau système, en particulier pour certaines matières qui ont instauré des formations singulières adaptées et qui se verraient dans l'obligation de modifier totalement leur cursus pour s'intégrer au Ba/Ma.

Conclusion générale

Pour la majorité des institutions, le doctorant reste un étudiant, eut-il 40 ans et une expérience scientifique largement supérieure à certains désignés comme « chercheurs ».  Ce problème, amplement discuté en France (voir entre autre la Charte des Thèses) dépasse nos frontières et influe directement sur les comportements constatés envers les concernés. Les décisions de la Communauté Européenne sont apparues, au cours d'EuroDoc 2003, comme parfois contradictoires. Si pour accroître la mobilité, les doctorants sont considérés comme des chercheurs à part entière, dans le cadre du Ba/Ma, ils restent de simples étudiants préparant un diplôme. EuroDoc participe activement à ce débat au niveau de l'Union et tente de défendre notre statut de chercheur.

D'une manière générale, EuroDoc apparaît comme un groupe de pression prenant de plus en plus d'importance et de poids auprès des instances européennes. Les membres doivent donc accroître leur implication dans cette structure. Au niveau individuel, cela peut prendre effet à travers l'abonnement aux listes de discussions proposées (eurodoc-subscribe@yahoogroups.com) et la participation aux groupes de travail: ( www.eurodoc.net/workgroups/). Pour les associations nationales, il s'agit par exemple de mener des enquêtes, de proposer des solutions, de présenter des cas de « bonnes partiques » par rapport aux problèmes principaux abordés par EuroDoc. Pour la CEC, cette implication pourrait devenir de plus en plus concrète à travers, par exemple, de l'organisation d'EuroDoc 2005 ? sujet actuellement en discussion.

Pour la CEC,
Anne-Laure Prunier
Nicolas Legrand
Vincent Perlerin (1)En français : 3/5/8 ou encore LMD pour Licence/Master/Doctorat. (2) http://www.education.gouv.fr/int/socrates.htm

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Ce document (/interventions/2003-eurodoc.html) a été mis à jour le 10 juin 2007

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