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Compte rendu colloque CPU
L'étudiant dans l'université du XXI siècle


Mulhouse 21 et 22 mars 2002

Voici un compte rendu du colloque de la CPU. A l'entrée du colloque il y avait une dizaine de manifestants contre l'annulation d'une épreuve du capes d'histoire-géo. Sinon, il y avait environ 300 personnes dont 88 Présidents d'universités accompagnés de leurs Vice-Présidents Etudiants (VPE). Les débats ont été filmés et retransmis en direct sur canal U http://argon.u-strasbg.fr/applicatifs/cpu/directcpu.htm ; les débats devraient etre archivés et disponibles à terme. J'ai fait deux interventions sur les deux premières tables rondes.

INTRODUCTION

B. Belloc 1er Vice Président de la CPU a rappelé que le but du colloque de la CPU est de faire des propositions pour la politique universitaire. Il a souligné qu'une des missions de l'université est de former des chercheurs.

Les tables rondes se sont déroulées par une intervention de participants sélectionnés suivi d'un débat avec la salle.

TABLE RONDE 1 : QUELS ÉTUDIANTS POUR L'UNIVERSITÉ DÉMOCRATIQUE DE DEMAIN ?

Je passe sur le nom des intervenants.

Ils ont parlé des différents étudiants : en formation initiale, en formation continue, étranger, français à l'étranger, handicapés. Les étudiants de l'université sont en majorité des étudiants qui sont là faute de mieux, donc l'université doit faire un travail d'information en amont pour faire venir des bons éléments. Le nombre d'étudiants est en stagnation depuis 10 ans (baisse 1er cycle et hausse 2nd cycle). Il n'y a pas de suivi d'encadrement et les conditions de travail laissent parfois à désirer. La mobilité (année à l'étranger) des étudiants n'est pas reconnue dans l'académique et notamment pour l'entrée en 3ème cycle. Les étudiants ont beaucoup changé, il y a de plus en plus de gens qui reprennent leurs études après un passage dans la vie active, cela représente 17% des étudiants. Les logements étudiants et l'accessibilité des campus sont souvent médiocres.

Après plusieurs questions de la salle, je suis intervenu :

" Il y a une catégorie d'" étudiants " dont on n'a pas du tout parlé, ce sont les doctorants. Leurs conditions de vie sont très difficiles. Un tiers des doctorants sont non financés, et il est difficile de faire des petits boulots à côté si on ne veut pas que la thèse s'éternise. Les doctorants ont des difficultés à s'insérer professionnellement. Toutes ces raisons font que la thèse est en perte d'attractivité, par exemple dans le DEA de mécanique de Strasbourg, aucun étudiants ne provient de maîtrise. Quelles solutions envisage l'Université pour que la thèse redevienne attractive? "

Réponse de Geneviève Gourdet : C'est un problème qu'on a abordé en atelier préparatoire. Fin de réponse.

INTERVENTION DE JACK LANG

Il a parlé une demi-heure mais n'a rien dit de remarquable -- à part que si il en était arrivé là où il est, c'était grâce à la vie extra-étudiante et notamment la vie associative : un discours de politicien...

Un élu de la FAGE l'a interpellé sur la réforme FSDIE (Fond Social pour les associations, qui ont été réduits), il ne savait pas ce que c'était et a prétexté avoir du mal avec les acronymes. Après 3 ou 4 questions, pendant lesquelles un conseiller préparait les réponses, J. Lang a répondu que c'était pire avant et que les universités ne reconnaissaient pas la vie étudiante. Ensuite on lui a posé une question sur les Mcf présidents d'universités qui étaient bloqués dans leur avancement de carrière (pour passer prof). Il va proposer une loi pour y remédier. Enfin il a dit qu'il avait envoyé un texte en aout 2001 (le 29) aux présidents d'universités pour les inciter à reconnaître l'engagement étudiant qui est une progression intellectuelle et sociale.

TABLE RONDE 2 : QUEL ENVIRONNEMENT PEDAGOGIQUE ?

L'étudiant est un acteur de sa formation, les BU sont au coeur de la pédagogie. Ensuite Maurice Porchet, Directeur du CIES Nord Pas de Calais, a pris la parole : il a dit qu'une partie de la désaffection des sciences provenait des enseignants qui ne sont pas toujours à la hauteur : il a donné un exemple d'un cours de math, ou les étudiants se demandaient en quelle langue parlait le prof et s'il faisait des maths. L'enseignant doit s'intéresser à l'étudiant et non uniquement au contenu du cours, il faut faire aimer sa discipline. L'objectif est de re-situer le cours dans un projet professionnel. L'enseignant est un structurateur de connaissances. Le système des tuteurs des moniteurs ne marche pas, et 25% des moniteurs sont stressés avant de commencer un TD. Ensuite A. Coulomb, le directeur du CIES de la Sorbonne Paris IV, a pris la parole. Il a dit que les moniteurs après 2 formations négatives allaient trouver Libération pour raconter que les formations des moniteurs sont mauvaises (Il s'agit d'une référence à l'action du collectif CrItiquES). Ensuite il a dit que d'après une enquête nationale, les filtres pour sélectionner les moniteurs sont bons car les moniteurs sont des bons enseignants. La moitié des Mcf sont d'anciens moniteurs et il a ajouté que 70% des moniteurs après 3 ans réussissent le concours de Mcf. Donc il ne voyait pas pourquoi les docteurs avaient du mal à s'insérer (il faisait référence à mon intervention du matin). Ensuite, il nous a montré ce qu'il fallait faire pour rater un cours (mais ce n'était pas voulu...) : ses transparents étaient illisible, il nous tournait les dos en parlant avec les mains dans les poches ! Heureusement, c'était l'heure de la pause.

Après la pause j'ai pris la parole et fait les remarques suivantes (et pas que des amis) :

" Pour les 66000 doctorants il n'y a qu'environ 7000 moniteurs. On a entendu que les doctorants étaient bien filtrés pour faire de bons moniteurs, en fait c'est archi faux, les moniteurs sont recrutés par le classement du DEA. Ce n'est pas parce qu'un doctorant était bon en DEA qu'il sera un bon enseignant. Il y a des doctorants qui sont moniteurs uniquement pour avoir un complément de revenu. Pour finir : avant de former les moniteurs il faudrait d'abord penser à former les formateurs. "

Mon intervention a été saluée par des applaudissements.Un président d'université a dit qu'il y avait un grand vivier de doctorants et demandé pourquoi ne pas étendre le monitorat à tous les 3ème cycles en faisant 40 ou 50 heures de TD. Un intervenant quebecois a expliqué qu'au Québec les Mcf avait des demi charges d'enseignements la première année, et qu'il fallait 4 ans pour qu'ils aient leurs charges totales. Ca coûte cher mais c'est rentable à long terme. D'ailleurs ce sympathique monsieur est venu me voir pour me demander la différence qu'il y avait entre la Guilde et la CEC et la position de la CEC sur la généralisation du monitorat à tous les doctorants. Ensuite a une personne de l'OVE assise derrière moi m'a parlé de leur enquête sur la vie étudiante, ils priment chaque année une these ou un mémoire portant sur la vie étudiante http://www.ove-national.education.fr

Pour finir la VPE de Grenoble 2 (de l'UNEF) a tenu un discours pendant 10 minutes.

TABLE RONDE 3 : QUELLES CONDITIONS DE VIE A L'UNIVERSITÉ ?

Ils ont parlé des frais d'inscriptions avec une comparaison européenne, du logement. Il y en a un qui a dit que les campus devaient être attrayants touristiquement ! Tout ça n'était pas spécialement intéressant.

J'aurais pu faire une intervention sur l'exonération des droits d'inscription des doctorants, mais nous n'avons de positions arrêtée sur le sujet. D'autre part, c'est subtil : inciter les universités à n'accepter en thèse que les doctorants financés. Enfin, avec l'UNEF qui était là en masse...

A noter une intervention "risquée" du VPE de Grenoble 1 qui a dit qu'il fallait que ce colloque ne soit pas timide comme le 1er VP de la CPU et qu'il propose des trucs concrets.

Anecdote : Des VPE de je ne sais où, pour rigoler, ont mis une pancarte derrière la tête d'un membre du BN de l'UNEF pendant qu'il parlait, ou il était écrit "UNEF DEMAGO" : ça n'a pas fait rire l'UNEF, qui a tenté d'utiliser l'incident. Ca peut paraître gamin, mais les gens de l'UNEF avait un discours bizarre : par exemple, pour eux, les associations indépendantes ne survivent pas au départ du président et on a eu le droit à "l'allocation" pour tous les étudiants. Le président de séance a répondu, amusé, que les luttes d'asso devait se régler entre elles et en dehors de l'amphi.

TABLE RONDE 4 : QUELS ENGAGEMENTS DES ETUDIANTS DANS LEURS UNIVERSITES ?

On a eu des reportages vidéo sur les associations étudiantes (UNEF). Du coup la FAGE (ou PDE je ne sais plus) s'est manifesté. Ensuite il y a eu un témoignage d'une doctorante d'ex-Yougoslavie qui a connu la guerre, elle a failli nous faire pleurer. Elle a raconté comment l'UMB (Strasbourg II) l'avait embauchée pour monter des projets dans le cadre des universités d'étés. Puis il y a eu un dernier reportage à St Denis où on demandait à des étudiants s'ils connaissaient le nom et le rôle du Président d'université. Réponse : "non" et "pour présider". Ca a fait rire tout le monde. Un intervenant a souligné que plus les étudiants étaient éloignés de leurs cocon familial, plus ils s'engageaient dans la vie associative. Ensuite Francine Demichel (Directrice des enseignements supérieurs au Ministère de l'Éducation Nationale) est intervenue, pour dire qu'il fallait encourager avec des moyens les actions des étudiantes.

Là, je n'ai pas pu avoir la parole, je voulais parler d'engagement dans les conseils universitaires, thèmes non abordés, et parler de collège spécifique.

CONCLUSION

de G. Belloc 1er VP de la CPU.

Les conclusions doivent servir de matières pour devenir des propositions de la CPU.

Je ne parlerai que de 3 points :

  • L'évaluation des enseignants chercheurs est à revoir, les enseignants devraient être évalués sur l'enseignement et non plus sur la recherche.
  • A quoi sert l'évaluation des enseignements s'il ne peut y avoir de répercussions sur les carrières et les filières ?
  • Les CIES sont à redéfinir, le monitorat est à revoir (il a repris mes arguments de la sélection sur le classement de DEA et qu'un bon chercheur n'est pas forcement un bon enseignant). Il a parlé d'un monitorat pour tous les doctorants de 40 à 50 heures. Enfin, il a parlé des vacations que font des doctorants et qui sont très mal payées 1500 frs pour 40 heures ( ?) et que c'était inadmissible.

Sébastien Lafaye, 26 mars 2002

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Ce document (/interventions/2002-cpu.html) a été mis à jour le 10 juin 2007

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